d’après Le Roi Lear de William Shakespeare
mis en scène par FX Boucherak
Un Lear au féminin
Pour cette création, le choix fondateur est celui de la distribution. Le rôle de Lear sera porté par une comédienne. Ce parti-pris n’est pas une volonté de modernisation forcée ni une simple inversion des genres, mais une recherche de l’humain sous la couronne.
En confiant ce roi colérique aux foucades imprévisibles, ce patriarche
absolu et tyrannique à une femme, je souhaite déplacer l’écoute du
spectateur. Nous ne sommes plus devant la figure attendue du “vieux roi barbu” écrasé par sa propre virilité déchue, mais face à une figure d’autorité universelle qui se fissure. Cela permet d’explorer la relation aux trois filles non plus seulement sous le prisme de la paternité, mais sous celui, plus complexe, de la filiation charnelle et viscérale. La folie de Lear n’est plus celle d’un homme de pouvoir qui perd ses jouets, mais celle d’un être humain qui perd son ancrage au monde.
Shakespeare nous dit : “L’homme sans tout cela n’est plus qu’un pauvre
animal nu et fourchu”. En faisant jouer Lear par une femme, cette question
de la vulnérabilité du corps vieillissant prend une résonance encore plus poignante et taboue.





“Nothing will come of nothing.”
“Rien ne peut sortir de rien.”Acte I, Scène 1




Intention
Alors étudiant en école de commerce, monter ma première pièce dans un théâtre
parisien a agi comme un déclic.
Des premiers tracs aux premiers saluts, devant un
public d’amis venus pour rire mais finalement conquis, le “virus” du théâtre s’est
ancré en moi pour ne plus me quitter. C’était déjà Shakespeare ; La Nuit des Rois m’ouvrait alors le champ des possibles.
Un quart de siècle plus tard, l’opportunité de renouer avec ce registre s’offre à moi
au Cours Cochet-Delavène.
Je décide d’entraîner six camarades, de générations
et de promotions différentes, dans cette aventure pour clore nos trois années de
formation.
Après de longues semaines de compagnonnage avec l’auteur, il a fallu
choisir une oeuvre au sein de son immense répertoire.
Alors que je découvre moi-même la paternité, l’histoire de ce roi qui rate tout avec
ses filles s’impose à moi avec la force d’un avertissement. Le choix est évident : Le
Roi Lear. Au-delà du rôle, c’est une confrontation nécessaire avec ce que signifie
vieillir, perdre et se dépouiller. Plus qu’une pièce, c’est un monument face auquel
nous nous interrogeons sur notre propre humanité.

Le silence, le verbe et la musique
Pour des considérations aussi esthétiques qu’économiques je fais ici le pari de la radicalité et du dénuement.
Dans un monde saturé d’images et de bruits, Le Roi Lear réclame un retour à l’essentiel : l’acteur, le texte, la lumière. Seuls les corps dans l’espace, le souffle des comédiens et la rythmique impitoyable de la langue de Shakespeare (dans une nouvelle traduction ciselée pour le plateau) porteront la tempête. La tempête ne
sera pas sonore, elle sera intérieure, jouée, incarnée. Mon désir est de revenir à l’os de la pratique théâtrale : un plateau, des acteurs, une parole. C’est dans cette économie de moyens que réside, selon moi, la puissance subversive de l’oeuvre
aujourd’hui.
Meet our team
Our comprehensive suite of professionals caters to a diverse team, ranging from seasoned architects to renowned engineers.
Francesca Piovani
Founder, CEO & Architect
Rhye Moore
Engineering Manager
Helga Steiner
Architect
Ivan Lawrence
Project Manager

Espace & Lumière
La scénographie sera un espace mental, un “no man’s land” abstrait où la matière brute remplacera les décors illustratifs. La lumière sculptera les corps et les isolera dans leur solitude grandissante. Il s’agit de créer un huis clos à ciel ouvert, où chaque personnage est traqué par son ombre, sans échappatoire possible.