d’après Robert Garnier
Mise en scène et adaptation par Victor de Berranger
Les livres d’histoire nous enseignent que Cléopâtre et son amant Marc-Antoine sont morts au cours de la guerre qui les opposait à l’empereur Octave. Ce dernier raconte une version bien différente : voilà des années qu’ils sont emprisonnés dans ses geôles. Pire, il les oblige, devant la foule de Rome, à interpréter dans son théâtre un spectacle écrit en leur honneur par Robert Garnier.
Étant parfois narrateur, donnant la réplique à ses captifs et interprétant son propre rôle dans la pièce, Octave est le maître du jeu, dans une cérémonie macabre où tous se relèvent à la fin.

Bande Annonce
Pourquoi adapter Robert Garnier ?
À la lecture de Marc-Antoine, c’est sa langue qui retient tout de suite
l’attention, par son mélange de poésie invocatoire, de grande sauvagerie et d’images surprenantes. Avec ce matériau, j’ai donc voulu composer un spectacle où l’enjeu serait de faire entendre cette langue lointaine en la rendant accessible, de faire sentir la liberté qui irrigue ce langage.
De plus, la mise en place d’un dispositif de mise en abyme me permet d’explorer les notions d’incarnation et de rapports de pouvoir, avec des personnages-comédiens ostensiblement forcés de jouer par un personnage-metteur en scène tortionnaire, et d’interroger la place du public dans cette représentation. Il s’agit ainsi d’un spectacle-cérémonie autour du texte et des personnages de Robert Garnier, avec l’ambition de faire surgir sur scène, pour de vrai, un pan de cette mythologie.

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Au sujet de l’adaptation
Marc-Antoine est une pièce écrite en 1578, et si l’œuvre de Garnier a servi de terreau pour les auteurs du XVIIe siècle, elle est peu représentée depuis sa création, essentiellement en raison de la difficulté de sa langue et de la pauvreté de son intrigue.
Pour la langue, il a fallu trouver un équilibre afin de rendre le texte
intelligible, sans sacrifier la poésie de Garnier, pleine de mots archaïques
avec une grande force d’évocation, en respectant également la versification.
En ce qui concerne la dramaturgie, j’ai fait le choix de ne pas conserver les passages du chœur, pour les remplacer par des interventions d’Octave écrites par mes soins, afin de donner du contexte aux scènes et de créer un ensemble cohérent. J’ai également fait en sorte que les personnages se rencontrent, afin de créer des situations plus aptes à nourrir le jeu des comédiens et atténuer l’aspect figé des différents actes.
Scénographie
La cage dans laquelle Cléopâtre et Marc-Antoine seront obligés de jouer sera
figurée par quatre chaises neutres, disposées en un trapèze dont les deux côtés sont reliés par des cordes, suggérant une forme de ring.

Cette cage étant l’espace de la pièce mise en abyme, elle seule connaîtra des changements de lumière pour souligner les différents lieux(froide pour le naufrage de Marc-Antoine, chaude pour le palais de Cléopâtre).
Le reste de la scène est éclairé plus faiblement pour donner au trapèze laplace centrale du dispositif, tout en permettant au public de voir ce qui s’ypasse.
Costumes
Les costumes auront une fonction plus suggestive que figurative, ainsi Octave portera des vêtements modernes aux tons sombres, tandis que Marc-Antoine et Cléopâtre seront pieds nus, et porteront des vêtements amples et clairs. Lorsqu’un comédien interprète un autre personnage, il se pare d’un élément discret servant d’indicateur, et présenté au public comme tel.

Equipe de création

François-Xavier BOUCHERAK
Marc-Antoine

Lola KESSLER
Cléopâtre

François BECCIOLINI
Octave

Victor de BERRANGER
Metteur en scène et adaptateur